coq de haute-cour
dimanche 6 novembre 2011
mercredi 19 octobre 2011
Discours
…… Quelques mots pour la route, après un passage en préfecture.
Un an, c’est un instant, juste un peu plus long qu’une gestation. Juste un peu plus court qu’une mutation.
Toutefois, on a le temps de construire les fondations, même si on ne voit apparaître que certains éléments d’architecture. On a en tête l’image de la construction future, et cette image est la satisfaction de celui qui part. Une satisfaction simple d’avoir apporté sa pierre à l’édifice.
Il peut pleuvoir, neiger ou tempêter, il restera toujours la trace d’un travail d’équipe.
L’effort est donc collectif, mais la décision est solitaire. La solitude c’est ce qui sépare à jamais le leader, du groupe. Le reste ? c’est une affaire de bons sens et de respect des autres
Après avoir réfléchi ensemble, partagées les questions, comparés les avis et examinés les brouillons, la prise de décision appartient à l’individu chargé de décider.
Cette obligation se traduit souvent par une pratique du « je » trop envahissante et s’avère, quelquefois, pesante pour le groupe et la communauté administrative à laquelle on appartient.
Pourtant, dans des circonstances de départ, il peut être nécessaire de l’employer pour bien marquer les esprits et confirmer que les décisions qui ont été prises s’appuient sur une logique certes personnelle mais synthétique et réfléchie.
Le « je » va permettre de personnaliser naturellement, et de prendre du recul sur les choses et clore cette expérience.
- * J’ai toujours été sensible à la qualité des relations. Sans être un exubérant dans mes relations professionnelles, j’ai toujours essayé de faire profiter les personnes avec qui je travaillais de ma ligne de conduite dans le privé.
Fondée sur le respect de l’autre et l’écoute, elle s’est traduite par une manière de travailler où se côtoyaient travail et convivialité.
Cette atmosphère, qui est, quoiqu’on en dise, de la responsabilité du cadre, ne m’a jamais détourné des objectifs que je me suis fixé, même si quelques uns relevaient d’une forte tenacité, et sourde peut-être à des commentaires de collaborateurs avisés.
- * J’ai toujours porté une attention particulière à l’encadrement, et je persiste à croire qu’il est plus difficile de convaincre ses collaborateurs des stratégies qui ont été arrêtées dans le domaine public, que dans le domaine privé où la sanction du marché est un élément de gestion.
Le hasard des responsabilités m’a porté à travailler dans le service public et je remercie le hasard, il m’a été donné de voir et de travailler avec beaucoup de gens conscients de leur rôle dans l’administration plus que l’homme de la rue peut le penser. La noblesse de servir l’Etat n’a pas disparu, au contraire.
Il ne m’a pas été possible de tomber tout petit dans la « marmite » des parcours initiatiques des concours d’entrée dans la fonction publique, pourtant le chemin emprunté m’a convaincu sûrement d’une manière de servir tout aussi valable en restant dans une catégorie qui n’existe pas.
Ma dernière expérience ne me fera pas changer d’avis. Confronté dés le début à des interrogations sur l’avenir de ma responsabilité, j’ai découvert une administration convaincue de ma bonne volonté, m’inscrivant dans sa société jusqu’au jugement officiel.
Tous m’ont accordé ce bénéfice qui a permis un fonctionnement du service.
- * Je me suis toujours considéré comme un homme libre, ne tombant jamais dans le relationnel de circonstances ou d’intérêt. Cette caractéristique a ses bons côtés mais aussi ses inconvénients. Je n’ai à opposer à cet événement qu’une volonté affirmée de ne pas en vouloir à mon prochain, en restant en retrait, et de persister dans une position urbaine que je cultive.
Dans le cas considéré, des interventions auraient pu permettre des avancées, mais auraient-elles changé les choses ? je ne le crois pas, et j’y aurai laissé une partie de moi.
La culture de l’autre est fondamentale, elle doit être vécue comme un échange sans sous-entendu. L’une des meilleures manières de se conformer à ce principe est de toujours se trouver en position de transmettre.
C’est une des grandes leçons de la vie, de ma vie si cela n’est pas trop immodeste.
- * J’aime toutefois le travail sous forme de projet, convaincre l’équipe des objectifs et des buts à atteindre.
Ici, la prise de fonction, après des inconnues sur la pérennité du service, a soudé les membres et fait naître la conviction sur des jours meilleurs avec un travail ordonné et soutenu.
La qualité des personnes a été le meilleur ferment. Le niveau élevé de la conscience des tâches à accomplir a été pour beaucoup dans la réussite de l’année écoulée et le responsable n’a pas eu à sortir de grandes théories sur l’efficacité administrative ce qui aurait été un comble pour un homme sorti d’ailleurs.
Voilà le point est fait, le « je » peut retourner à sa vie individuelle et laisser libre court au souvenir d’une expérience qui a été positive.
………La route reprend avec d’autres lieux, d’autres hommes et femmes
dimanche 9 octobre 2011
MER-VEILLE
Un bruit renouvelé attire le passant
Soudain, au coin, d’une lune au levant.
Un linceul blanc chasse les mouettes
Qui têtues, reviennent pour des miettes
Echouées, péle-mêles sur un sable d’or
En un long chapelet de petits corps.
Le jupon blanc liquide scande l’espace
Sans pouvoir laisser de sa venue la trace
Au loin, les crêtes annoncent l’éternité
Où l’horizon lui trace sa virginité
L’eau mêlée accorde au bruit, une force
Qui use une terre qui bombe le torse
Ses rochers épars gardent seuls la côte
Et s’essaient à briser cet élan sans faute.
Un soleil brisé clos cet acte touchant
Soudain, au coin, d’une dune au couchant
un homme du XVIIIéme siécle, un homme de transition
GUILLAUME-THOMAS RAYNAL, ENCYCLOPEDISTE ET FRANC-MACON ?
Guillaume-Thomas RAYNAL est né le 12 avril 1713, en Aveyron, à la Panouse de Séverac. Cette commune est située, prés de Séverac-le-château, à une vingtaine de kilomètres au Sud de Saint - Geniez d‘Olt, dont la famille RAYNAL est originaire. Après des études chez les Jésuites, il est ordonné prêtre en 1743.
Il « monte » rapidement à Paris, et grâce à des liens familiaux et à un réseau d’amis, il peut approcher la Cour et servir des hommes tels que Choiseul, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères de Louis XV. Il écrit des ouvrages de commande, où déjà apparaissent ses qualités pour le rassemblement des pensées et la synthèse des idées. Il est nommé directeur du Mercure de France, la référence littéraire des intellectuels français de l’époque.
L’Abbé Raynal est un des hommes qui marquent le XVIIIème siècle, à la fois celui d’une société qui est face à son destin révolutionnaire, mais aussi représentatif du siècle des Lumières. L’ouverture au monde est une donnée permanente chez lui ; il perçoit la dimension des grands espaces colonialistes, leurs potentialités et leurs méfaits. Il reconnaît, chez ses contemporains, une soif de découverte, avec les grands explorateurs à la découverte d’un monde où semble exister l’homme naturel en accord avec son environnement, et propose des pistes.
Il a, semble-t-il, un devoir face à ces mutations. Il veut en témoigner, certes pour exister, pour être utile et en vivre, mais pour en concevoir une forme de sacerdoce, lui qui sera toujours en conflit avec sa hiérarchie religieuse.
De cette position enviée à la tête du Mercure de France, il peut promouvoir ses qualités et se donner la dimension d’entreprendre l’écriture d’un ouvrage puissant. Pour réussir, il démontre la nécessité de déployer un sens de la communication, qui, par certains côtés, s’assimile au métier de journaliste d’investigation de notre société contemporaine.
Son ouvrage « L’histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes » connait, dés sa parution en 1770, un fort engouement. Sa publication apporte à Raynal une renommée européenne et une popularité dans les milieux américains.
C’est un véritable dictionnaire de l’état colonial et commercial du monde, qui est proposé. Il réalise ce document en collaboration, notamment avec Diderot, et accomplit un travail d’assemblage, auquel on lui reprochera de la confusion, de l’éparpillement, voire des erreurs...
Le livre est interdit par un arrêt du conseil le 19 décembre 1772. En 1774, sa seconde édition subit le même sort sous forme d’un avis de l’assemblée du clergé en 1775. La troisième édition (imprimée à Genève) est condamnée à être brûlée par le Parlement de Paris le 25 mai 1781. Il doit fuir à l’étranger, d’abord en Belgique, puis en Prusse, où Frédéric lui accorde sa protection et une promotion pour son ouvrage. Il devient, grâce à l‘ostracisme des institutions françaises, une véritable victime de l’intolérance. Il symbolise alors « l’époque des Lumières », ce qui semble aujourd’hui oublié au profit de penseurs plus historiquement corrects.
Mais le fait est là : ce livre sera une des bases de la pensée politique dans les décennies futures par son anticipation, son approche « globale » (1) et son regard sur l’évolution des sociétés.
Parmi les thèmes qu’il aborde, il est un des premiers à s’exprimer sur les libertés individuelles, l’idéal républicain et la lutte contre l’esclavage.
Son appartenance aux encyclopédistes est donc sans conteste. Il est un ardent défenseur des idées nouvelles et aura une influence sur le cours de la Révolution française. Il critique toutes les perversions d’une société arrivée à son terme : la monarchie, l’état de l’Eglise, mais aussi le colonialisme.
Cette défense de causes nobles et cette notoriété lui permettent de compenser les désagréments d’un exil, qu’il vit mal. Il est amélioré par des relais amicaux et familiaux, qu’il peut trouver dans les pays traversés. C’est un des aspects les plus importants du personnage. Il sut, dés le début, s’appuyer sur des recommandations, des rencontres, des connaissances et des lettres d’introduction.
En effet, Guillaume-Thomas Raynal est apparenté avec toutes les grandes familles commerçantes de Saint- Geniez d’Olt. Cette ville est connue comme une des plus dynamiques du Rouergue. Ses fabrications, cardes et toiles, sont connues et appréciées, non seulement en France mais aussi dans des pays comme l’Italie, où certains commerçants bien avisés ont même ouvert des succursales. Ces familles de marchands se sont enrichies ; certains membres de leurs familles se sont investis dans des charges militaires ou de justice. Elles créent ainsi de véritables réseaux d’affaires, qui ont des ramifications en Europe et aux Amériques, où sont connus la qualité de leurs tissus et leur prix compétitif.
Allié à ces familles, L’Abbé Raynal profite non seulement de leurs informations privilégiées politiques, économiques, sociales, pour la rédaction de son ouvrage, mais aussi perfectionne sa connaissance d’un modèle politique en devenir. Cette tâche de longue haleine, lui permet de développer une expertise et de créer des relations durables avec des personnalités qui ont marqué la fin du XVIIIème siècle.
Son introduction dans les salons de la société parisienne, passionnés par les idées nouvelles et par l’affirmation de l’émergence exemplaire d’une nouvelle nation, les Etats-Unis d’Amérique, est pour lui un champ d’exploration et d’expression, en un mot un lieu de débat. Il a, à ce sujet, des échanges «enflammés » avec Thomas Paine, qui lui reproche ses inexactitudes sur certaines données concernant l’Amérique et les Américains, mais aussi sur sa faune et sa flore. (2)
Il fréquente surtout les encyclopédistes, mais aussi ceux qui font l’épopée d’une France en plein changement : Gilbert du Motier, marquis de Lafayette, mais aussi Napoléon Bonaparte. L’un souhaitant tout savoir sur les Amériques, l’autre désirant connaître son sentiment sur ses premiers écrits.
Il affiche, durant ces entretiens, une ouverture d’esprit, une attention et aussi une présence qui décuplent l’enthousiasme de ces interlocuteurs.
Cette position fraternelle ne peut manquer de suggérer une appartenance à la franc-maçonnerie.
Peu d’écrits existent. Il faut se contenter de quelques témoignages et des rapports avec des francs-maçons connus ou dévoilés.
St- Geniez d’Olt, dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle, a une loge : « Les vrais amis », à l’orient de Saint- Geniez- des- Rives- d’Olt.
Elle se réunit régulièrement, et compte parmi ses membres la plupart des familles dont dépend le sort industriel de la ville. Casimir de FAJOLE, parent de Raynal, négociant, mais aussi, et surtout, Antoine-Casimir COURET, dit COURET fils ainé, négociant, qui sera l’exécuteur testamentaire de Raynal. Ce dernier est en 1790, le vénérable maître de cette loge.
C’est une loge active qui, malgré les événements révolutionnaires, initie encore des profanes à cette date.
D’autres membres illustres témoignent de l’importance économique de Saint- Geniez. Emile TEDENAT, mathématicien renommé, mais aussi HIGONNET, sont frères de la loge,
Pour ce dernier, il s’agit de Joseph HIGONNET, colonel dans les armées napoléoniennes, qui mourut à Iéna en 1806 et dont le nom figure sur l’arc de triomphe, au titre de son courage exemplaire.
Un autre frère de cette loge porte le nom de CHABOT. Il pourrait s’agir de l’Abbé François CHABOT. Personnage connu dans le Rouergue comme vecteur des idées révolutionnaires, ces activités néfastes se manifesteront à Rodez, mais aussi dans la région de la vallée du Lot, autour de Saint- Geniez, et laisse encore aujourd’hui des souvenirs terribles pour certaines familles.
« Au début de la Révolution, une loge maçonnique fait même son apparition, réunissant autour de François CHABOT, les principaux négociants de la ville, preuve de l’introduction du scepticisme religieux. » (3)
A n’en pas douter, RAYNAL baigne dans un milieu où franc-maçonnerie rime avec valeur des idées et remise en cause du système établi. On peut imaginer que Raynal a du visiter cette loge, qui comptait autant de frères appartenant à sa famille, et implantée dans une ville qu’il connaissait bien. Il semble ne pas avoir été initié dans cet atelier.
Pourtant, c’est une première raison qui milite pour son appartenance. Elle s’appuie sur une sensibilité pour ces lieux de réflexion, dont RAYNAL ne se départira pas.
Quand il arrive à Paris, son réseau local de négociants lui permet rapidement d’être en contact avec le milieu bourgeois et une noblesse attentive aux idées que véhiculent les encyclopédistes.
Car, Saint- Geniez d’Olt est une ville connue pour son activité « industrieuse ». C’est une période économique de transition. Avant les grandes évolutions industrielles du XIXème siècle, les villes qui produisent des textiles ont un rôle important et leurs édiles sont écoutés en province et à Paris. Rien d’étonnant à la présence de loges.
RAYNAL, appuyé sur de telles recommandations, sera, selon toute vraisemblance, membre de la loge « Les neuf sœurs ».
Fondée en 1776, celle-ci a une influence particulière dans l’organisation du soutien français à la révolution américaine.
L’abbé y aurait eu un poste d’orateur. Il est vrai que malgré son parler « comme un abbé rouergat avec un accent de tous les diables », il sait apporter la contradiction et des sujets comme l’esclavage, mais aussi son éclectisme, font merveille et passionne l’auditoire. Il passe facilement d’une théorie économique, avec des positions pré-keynésiennes, « équilibre entre intervention de l’Etat et libre esprit d’entreprise » (4), à des descriptions ethnographiques, qui anticipent sur les théories anthropologiques du XXème siècle.
Dans cette loge, il a l’occasion de connaître Benjamin FRANKLIN, qui en sera vénérable maître. Ils ont ensemble des discussions animées sur la véracité des faits que rapporte RAYNAL dans son ouvrage.
Mais, dans tous les cas, et à n’en pas douter, l’abbé fut un promoteur efficace de la cause américaine.
Cette cause américaine semble être le fil conducteur entre RAYNAL et le marquis de LAFAYETTE.
Ce dernier entre à 18 ans en maçonnerie, et « il doit son éducation à RAYNAL, son véritable mentor, lui-même franc-maçon de la loge « les neuf sœurs » (5).
L’intérêt de LA FAYETTE pour cette cause des « insurgés », naît-elle après les commentaires de l’Abbé à travers son histoire philosophique ? C’est probable. On peut imaginer que cette opinion se renforça à travers des discussions maçonniques.
Toutefois, aucun écrit n’atteste véritablement un parrainage de RAYNAL, en tant que membre de la loge « les neuf sœurs ».
Cependant, leurs rencontres, à des tenues de loges, semblent plus que probables, et malgré la différence d’âges, les commentaires de RAYNAL durent être utiles au marquis dans son aventure américaine.
C’est une seconde raison qui suggère son appartenance à la franc-maçonnerie.
A l’issue d’une vie bien remplie, cet encyclopédiste aurait dû voir dans la Révolution française, l’apogée de sa vie. Il n’en est rien. Encensé par les élus de l’Assemblée Nationale pour ses pamphlets sur la royauté, mais, de retour à Paris en 1794, il les déçoit par une lettre qu’il leur adresse, les incitant à plus de modération dans leurs actions.
« ...j’ai parlé aux rois de leurs devoirs, souffrez qu’aujourd’hui je parle au peuple de ses erreurs... »
Cette analyse est prise comme un signe de faiblesse. Il est rejeté et ne doit sa vie sauve que grâce à ses relations et un « âge avancé ».
Pourtant, son travail, et surtout sa promotion à travers l’Europe, fut une magnifique propagande pour les idées nouvelles. Bonaparte, officier militaire, de passage à Marseille, le rencontre pour lui demander un soutien dans son projet d’écrire une histoire de la Corse. « Pendant la campagne d’Egypte, Bonaparte a, comme livre de chevet, l’ouvrage de RAYNAL. » (2)
Ces deux exemples confirment qu’il a été un homme de son temps et que ses écrits ont eu un impact sur les futurs décideurs de son époque.
Ce dernier argument plaide pour une réhabilitation de sa pensée, et surtout, pour admettre par ce faisceau de présomptions, que l’Abbé RAYNAL a été franc-maçon.
Il a été, à double titre, d’abord par la fréquentation des ateliers, dont deux, sont à peu prés connus où sa parole fut entendue et sûrement, commentée ; ensuite, par sa manière humaniste d’aborder les sujets de façon transparente dans les salons en France ou à l’étranger pendant ses périodes d’exil.
Cette démarche, somme toute très moderne, incite à s’en inspirer pour aborder les problèmes de nos sociétés.
Il n’hésitera pas, malgré la pression de sa hiérarchie ecclésiastique, à avoir un positionnement favorable au protestantisme, ou à défendre les intérêts de gens du peuple.
Cette verdeur d’esprit, il la garde jusqu’à la fin de sa vie, grâce à un « génie » du dialogue. Son élection comme membre de l’Institut national en 1795, sera une faible récompense de sa contribution.
L’abbé RAYNAL a apporté une approche nouvelle de l’universalité. Il la doit, sans nul doute, à une origine de petite noblesse, qui très tôt s’est investie dans l’ « industrie », conscient d’une première forme de mondialisation, à une condition d’abbé où il avait mesuré les qualités et les excès d’une époque et à une pratique maçonnique.
Il décède le 6 mars 1796, à Passy, non sans avoir réparti son bien de son vivant...en bon aveyronnais
BIBLIOGRAPHIE
(1)Gilles BANCAREL
« Raynal ou le devoir de vérité »
Editions Honoré Champion
Paris 2004
Gilles BANCAREL
Guillaume-thomas RAYNAL, enfant du Rouergue
In Revue du Rouergue
N°49 Printemps 1997
(2)Claude FOHLEN
Conférence : « Raynal, Paine et la révolution américaine »
conférence américaine Georgetown
30 avril-2 mai 1989
(3) Claude PETIT
« Saint -Geniez d’Olt : du grand siècle au siècle des lumières »
In Revue du Rouergue
N°49 Printemps 1997
(4) Yves TERRADES
« Aspects idéologiques et philosophies du mythe des régimes dans l’histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes »
In Revue du Rouergue
N°49 Printemps 1997
(5) François HAGNERE
Site internet : rochefort-usa-friendship-blogspot .com
REFERENCE
Société d’études Guillaume-Thomas RAYNAL
1 rue Jacques et Gabriel AZAIS 34500 BEZIERS
un resultat étonnant des mesures prises dans le cadre de la R.G.P.P.
Une stratégie nationale touristique timide et inadaptée
l’Agence nationale du tourisme, Atout France, a été créée sous la forme d’un GIE pour réaliser une politique de clarification du rôle de l’Etat et de ses satellites dans ce secteur. Cette orientation s’est inscrite dans la démarche de la RGPP de façon régalienne et hâtive.
Son but est de coordonner et de rendre plus efficace la présence de la France dans le secteur touristique, d’aider les entreprises à s’adapter à l’évolution du marché, et aussi d’accompagner les collectivités dans la structuration de l’offre.
Cette politique s’est heurtée à plusieurs difficultés conjoncturelles avec des conséquences sur la crédibilité de cette agence dont les moyens limités sont mal employés.
- Le regroupement des deux structures : Maison de la France et ODIT France ne s’est pas réalisée avec une économie d’échelle attendue : des situations financières provisoire de transition, une gestion des personnels où l’hétérogénéité des statuts a joué à contre-sens des effets escomptés.
- Le rééquilibrage financier de cette opération, a pesé sur le budget alloué à Atout France dans un contexte où il a fallu assurer les nouvelles missions de la loi du 29 juillet 2009.
- l’articulation des compétences de deux structures et leur mise en place opérationnelle a subi une érosion suite à l’évolution des marchés et l’adaptation constante des pays concurrents, mais aussi aux actions menées directement par les collectivités territoriales.
Dans ces conditions, au-delà de la première année d’activité, qui peut être considéré comme expérimentale, L’exercice suivant témoigne d’un double constat :
Une difficulté à organiser l’ensemble et à conduire des actions cohérentes.
La stratégie de réorganisation des bureaux Atout France à l’étranger est trop longue et se heurte à beaucoup d’immobilisme. Les opérateurs français internationaux se désintéressent d’opérations collectives menées par ces bureaux au faible impact et au coût partenarial important. Le serveur national de réservation, malgré des « replâtrages » successifs, ne trouve pas sa vitesse de croisière. Il n’est plus possible de convaincre les opérateurs publics territoriaux qui ont, tous, aujourd’hui leur logique de communication. En matière de formation, le programme n’est pas respecté, les acteurs touristiques sont dubitatifs et restent interrogatifs sur son positionnement vis-à-vis de l’Institut national de formation du tourisme.
Il y a désaffection des opérateurs privés et publics pour cette agence. Le nombre de cotisants est en baisse. Les actions menées donnent une impression de flou et l’établissement de partenariats public-privé n’est pas à la hauteur des prévisions. Le désintéressement des régions aux buts de l’agence avec le risque de ne plus fédérer le produit France est majoritaire.
Une gestion sans stratégie, malgré l’acquisition de compétences administratives.
Une avancée notable dans la mise en place des normes ou contrôle pour le compte de l’Etat a, néanmoins, contracté les objectifs d’Atout France. La gestion du nouveau dispositif de classement des hôtels en est le témoignage. Cette réforme a pour objectif de remettre à niveau le parc d’hébergement français conformément aux standards internationaux. L’agence a élaboré, en concertation avec les professionnels, les référentiels de classement des différents types d’hébergement de l’offre touristique. Si, on note des progrès significatifs dans ce classement, les relations avec les préfectures sont difficiles. Il y a un paradoxe entre les efforts nationaux pour classer les équipements au niveau territorial, et l’absence de représentants locaux pour conseiller les opérateurs. Cette situation se fait au détriment de l’image de l’action de l’Etat en région. (La disparition de DRT est mal ressentie dans une position d’arbitrage). Les relations avec les professionnels ont été fluctuantes, une partie reproche des réunions de travail avec des grandes entités au désavantage des petites unités. La gestion « politique » de ces situations a été faible. La faible représentation territoriale de l’Agence compromet ses objectifs de partenariat.
Pour la tenue du registre d’immatriculation des opérateurs de voyages et exploitants de voiture de tourisme avec chauffeur. Ces activités s’avèrent indispensables pour la connaissance et l’encadrement des professionnels en vue de mieux répondre à leurs attentes et à celles des touristes. Elles aussi ont eu à subir, le transfert trop rapide des services préfectoraux. Cette situation a eu pour conséquence une centralisation des demandes sur l’Agence, avec un personnel très peu formé à une fonction administrative touristique.
La gouvernance proposée, n’a pas su anticiper ce phénomène, et créer des modes de gestion adaptée. L’originalité de l’organisation d’Odit France, a continué et s’est fait sentir dans la réorganisation et dans le profil des postes de direction au niveau du siège de l’agence.
On rappellera que la dotation d’Atout France dans le projet de loi de finances pour 2010 était de 34,5 millions d’euros. Pour clore l’exercice, il a manqué au GIE 1,4 million d’euros. qui correspond, à des dépenses n’ayant pas vocation à se reproduire sur l’exercice 2011 :
- Dépenses informatiques liées aux nouvelles infrastructures,
- Promotion des nouvelles missions
- Déménagement d’Atout France. (source DGCIS)
Etaient-elles toutes mesurées au niveau d’une étude coût-efficacité ?
Il faut espérer que les objectifs des ressources partenariales pour 2011 dépassent 36 millions d’euros, sinon cela serait un témoin fort d’une préoccupation pour la pérennité d’un tel dispositif. La politique de recrutement, en sera un autre, qui doit rester dans une objectif de proposer des compétences adaptées avec des équipes réactives.
La mise en œuvre d’une politique générale d’évaluation doit être menée, visant notamment à se doter d’indicateurs de performance des politiques menées, et à disposer d’un système de pilotage de l’économie touristique. C’est ce qui était déjà promis en juin 2010
Dans tous les cas, ces objectifs demandent un affichage plus clair qu’il ne l’est actuellement, les débats parlementaires sur le budget d’Audit France sont révélateurs d’une approche gestionnaire et minimise le rôle de mission dévolue à un G.I.E. Une plus grande latitude et un meilleur investissement de la Présidence de l’agence comme représentant du tourisme français s’impose et surtout un nouveau « deal » avec les régions et les départements français, si l’on ne veut pas avoir une cacophonie de l’image touristique de la France à l’étranger.
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