…… Quelques mots pour la route, après un passage en préfecture.
Un an, c’est un instant, juste un peu plus long qu’une gestation. Juste un peu plus court qu’une mutation.
Toutefois, on a le temps de construire les fondations, même si on ne voit apparaître que certains éléments d’architecture. On a en tête l’image de la construction future, et cette image est la satisfaction de celui qui part. Une satisfaction simple d’avoir apporté sa pierre à l’édifice.
Il peut pleuvoir, neiger ou tempêter, il restera toujours la trace d’un travail d’équipe.
L’effort est donc collectif, mais la décision est solitaire. La solitude c’est ce qui sépare à jamais le leader, du groupe. Le reste ? c’est une affaire de bons sens et de respect des autres
Après avoir réfléchi ensemble, partagées les questions, comparés les avis et examinés les brouillons, la prise de décision appartient à l’individu chargé de décider.
Cette obligation se traduit souvent par une pratique du « je » trop envahissante et s’avère, quelquefois, pesante pour le groupe et la communauté administrative à laquelle on appartient.
Pourtant, dans des circonstances de départ, il peut être nécessaire de l’employer pour bien marquer les esprits et confirmer que les décisions qui ont été prises s’appuient sur une logique certes personnelle mais synthétique et réfléchie.
Le « je » va permettre de personnaliser naturellement, et de prendre du recul sur les choses et clore cette expérience.
- * J’ai toujours été sensible à la qualité des relations. Sans être un exubérant dans mes relations professionnelles, j’ai toujours essayé de faire profiter les personnes avec qui je travaillais de ma ligne de conduite dans le privé.
Fondée sur le respect de l’autre et l’écoute, elle s’est traduite par une manière de travailler où se côtoyaient travail et convivialité.
Cette atmosphère, qui est, quoiqu’on en dise, de la responsabilité du cadre, ne m’a jamais détourné des objectifs que je me suis fixé, même si quelques uns relevaient d’une forte tenacité, et sourde peut-être à des commentaires de collaborateurs avisés.
- * J’ai toujours porté une attention particulière à l’encadrement, et je persiste à croire qu’il est plus difficile de convaincre ses collaborateurs des stratégies qui ont été arrêtées dans le domaine public, que dans le domaine privé où la sanction du marché est un élément de gestion.
Le hasard des responsabilités m’a porté à travailler dans le service public et je remercie le hasard, il m’a été donné de voir et de travailler avec beaucoup de gens conscients de leur rôle dans l’administration plus que l’homme de la rue peut le penser. La noblesse de servir l’Etat n’a pas disparu, au contraire.
Il ne m’a pas été possible de tomber tout petit dans la « marmite » des parcours initiatiques des concours d’entrée dans la fonction publique, pourtant le chemin emprunté m’a convaincu sûrement d’une manière de servir tout aussi valable en restant dans une catégorie qui n’existe pas.
Ma dernière expérience ne me fera pas changer d’avis. Confronté dés le début à des interrogations sur l’avenir de ma responsabilité, j’ai découvert une administration convaincue de ma bonne volonté, m’inscrivant dans sa société jusqu’au jugement officiel.
Tous m’ont accordé ce bénéfice qui a permis un fonctionnement du service.
- * Je me suis toujours considéré comme un homme libre, ne tombant jamais dans le relationnel de circonstances ou d’intérêt. Cette caractéristique a ses bons côtés mais aussi ses inconvénients. Je n’ai à opposer à cet événement qu’une volonté affirmée de ne pas en vouloir à mon prochain, en restant en retrait, et de persister dans une position urbaine que je cultive.
Dans le cas considéré, des interventions auraient pu permettre des avancées, mais auraient-elles changé les choses ? je ne le crois pas, et j’y aurai laissé une partie de moi.
La culture de l’autre est fondamentale, elle doit être vécue comme un échange sans sous-entendu. L’une des meilleures manières de se conformer à ce principe est de toujours se trouver en position de transmettre.
C’est une des grandes leçons de la vie, de ma vie si cela n’est pas trop immodeste.
- * J’aime toutefois le travail sous forme de projet, convaincre l’équipe des objectifs et des buts à atteindre.
Ici, la prise de fonction, après des inconnues sur la pérennité du service, a soudé les membres et fait naître la conviction sur des jours meilleurs avec un travail ordonné et soutenu.
La qualité des personnes a été le meilleur ferment. Le niveau élevé de la conscience des tâches à accomplir a été pour beaucoup dans la réussite de l’année écoulée et le responsable n’a pas eu à sortir de grandes théories sur l’efficacité administrative ce qui aurait été un comble pour un homme sorti d’ailleurs.
Voilà le point est fait, le « je » peut retourner à sa vie individuelle et laisser libre court au souvenir d’une expérience qui a été positive.
………La route reprend avec d’autres lieux, d’autres hommes et femmes
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