coq de haute-cour

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dimanche 9 octobre 2011

un resultat étonnant des mesures prises dans le cadre de la R.G.P.P.

Une stratégie nationale touristique timide et inadaptée

l’Agence nationale du tourisme, Atout France, a été créée sous la forme d’un GIE pour réaliser une politique de clarification du rôle de l’Etat et de ses satellites dans ce secteur. Cette orientation s’est inscrite dans la démarche de la RGPP de façon régalienne et hâtive.

Son but est de coordonner et de rendre plus efficace la présence de la France dans le secteur touristique, d’aider les entreprises à s’adapter à l’évolution du marché, et aussi d’accompagner les collectivités dans la structuration de l’offre.

Cette politique s’est heurtée à plusieurs difficultés conjoncturelles avec des conséquences sur la crédibilité de cette agence dont les moyens limités sont mal employés.

-       Le regroupement des deux structures : Maison de la France et ODIT France ne s’est pas réalisée avec une économie d’échelle attendue : des situations financières provisoire de transition, une gestion des personnels où l’hétérogénéité des statuts a joué à contre-sens des effets escomptés.

-       Le rééquilibrage financier de cette opération, a pesé sur le budget alloué à Atout France dans un contexte où il a fallu assurer les nouvelles missions de la loi du 29 juillet 2009.

-       l’articulation des compétences de deux structures et leur mise en place opérationnelle a subi une érosion suite à l’évolution des marchés et l’adaptation constante des pays concurrents, mais aussi aux actions menées directement par les collectivités territoriales.

Dans ces conditions, au-delà de la première année d’activité, qui peut être considéré comme expérimentale, L’exercice suivant témoigne d’un double constat :

Une difficulté à organiser l’ensemble et à conduire des actions cohérentes.

La stratégie de réorganisation des bureaux Atout France à l’étranger est trop longue et se heurte à beaucoup d’immobilisme. Les opérateurs français internationaux se désintéressent d’opérations collectives menées par ces bureaux au faible impact et au coût partenarial important. Le serveur national de réservation, malgré des « replâtrages » successifs, ne trouve pas sa vitesse de croisière. Il n’est plus possible de convaincre les opérateurs publics territoriaux qui ont, tous, aujourd’hui leur logique de communication. En matière de formation, le programme n’est pas respecté, les acteurs touristiques sont dubitatifs et restent interrogatifs sur son positionnement vis-à-vis de l’Institut national de formation du tourisme.

Il y a désaffection des opérateurs privés et publics pour cette agence. Le nombre de cotisants est en baisse. Les actions menées donnent une impression de flou et l’établissement de partenariats public-privé n’est pas à la hauteur des prévisions. Le désintéressement des régions aux buts de l’agence avec le risque de ne plus fédérer le produit France est majoritaire.

Une gestion sans stratégie, malgré l’acquisition de compétences administratives.

Une avancée notable dans la mise en place des normes ou contrôle pour le compte de l’Etat a, néanmoins, contracté les objectifs d’Atout France. La gestion du nouveau dispositif de classement des hôtels en est le témoignage. Cette réforme a pour objectif de remettre à niveau le parc d’hébergement français conformément aux standards internationaux. L’agence a élaboré, en concertation avec les professionnels, les référentiels de classement des différents types d’hébergement de l’offre touristique. Si, on note des progrès significatifs dans ce classement, les relations avec les préfectures sont difficiles. Il y a un paradoxe entre les efforts nationaux pour classer les équipements au niveau territorial, et l’absence de représentants locaux pour conseiller les opérateurs. Cette situation se fait au détriment de l’image de l’action de l’Etat en région. (La disparition de DRT est mal ressentie dans une position d’arbitrage). Les relations avec les professionnels ont été fluctuantes, une partie reproche des réunions de travail avec des grandes entités au désavantage des petites unités. La gestion « politique » de ces situations a été faible. La faible représentation territoriale de l’Agence compromet ses objectifs de partenariat.

Pour la tenue du registre d’immatriculation des opérateurs de voyages et exploitants de voiture de tourisme avec chauffeur. Ces activités s’avèrent indispensables pour la connaissance et l’encadrement des professionnels en vue de mieux répondre à leurs attentes et à celles des touristes. Elles aussi ont eu à subir, le transfert trop rapide des services préfectoraux. Cette situation a eu pour conséquence une centralisation des demandes sur l’Agence, avec un personnel très peu formé à une fonction administrative touristique.

La gouvernance proposée, n’a pas su anticiper ce phénomène, et créer des modes de gestion adaptée. L’originalité de l’organisation d’Odit France, a continué et s’est fait sentir dans la réorganisation et dans le profil des postes de direction au niveau du siège de l’agence.

On rappellera que la dotation d’Atout France dans le projet de loi de finances pour 2010 était de 34,5 millions d’euros. Pour clore l’exercice, il a manqué au GIE 1,4 million d’euros. qui correspond, à des dépenses n’ayant pas vocation à se reproduire sur l’exercice 2011 :

-       Dépenses informatiques liées aux nouvelles infrastructures,

-       Promotion des nouvelles missions

-       Déménagement d’Atout France.                                             (source DGCIS)

Etaient-elles toutes mesurées au niveau d’une étude coût-efficacité ?

Il faut espérer que les objectifs des ressources partenariales pour 2011 dépassent 36 millions d’euros, sinon cela serait un témoin fort d’une préoccupation pour la pérennité d’un tel dispositif. La politique de recrutement, en sera un autre, qui doit rester dans une objectif de proposer des compétences adaptées avec des équipes réactives.

La mise en œuvre d’une politique générale d’évaluation doit être menée, visant notamment à se doter d’indicateurs de performance des politiques menées, et à disposer d’un système de pilotage de l’économie touristique. C’est ce qui était déjà promis en juin 2010

Dans tous les cas, ces objectifs demandent un affichage plus clair qu’il ne l’est actuellement, les débats parlementaires sur le budget d’Audit France sont révélateurs d’une approche gestionnaire et minimise le rôle de mission dévolue à un  G.I.E. Une plus grande latitude et un meilleur investissement de la Présidence de l’agence comme représentant du tourisme français s’impose et surtout un nouveau « deal » avec les régions et les départements français, si l’on ne veut pas avoir une cacophonie de l’image touristique de la France à l’étranger.

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